Commission européenne sonde l'opinion sur les opportunités et les défis du cinéma numérique
La Commission européenne a lancé une consultation publique des professionnels de l'audiovisuel européen sur les meilleurs moyens de saisir les opportunités et de relever les défis de la «révolution numérique» dans l'industrie cinématographique de l'UE. Le cinéma numérique, en rendant la distribution des films moins coûteuse et plus souple, peut permettre à davantage de films européens de circuler. Le passage au numérique exige toutefois des investissements importants. Un tiers des cinémas européens risqueraient de fermer à cause du coût élevé de l'équipement numérique à moins que, dès maintenant, ne soient instaurés de nouveaux modèles économiques et des régimes d'aide publique viables. Le retour d'information obtenu des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel ainsi que des centres cinématographiques nationaux et d'autres parties intéressées, au cours de la consultation de deux mois lancée aujourd'hui par la Commission, alimentera une communication prévue pour le début de l'année prochaine et exposant la politique de la Commission en matière de cinéma numérique.
«La révolution numérique est en train de se produire et le cinéma européen doit bien s'y préparer!» , a déclaré Viviane Reding, membre de la Commission européenne chargé de la société de l'information et des médias. «La convergence entre contenu traditionnel et technologies numériques modifie complètement la façon dont les films sont produits, distribués et visionnés. Cette évolution technologique peut déboucher sur de nouveaux créneaux commerciaux, de nouveaux emplois et de nouveaux services au consommateur si nous instaurons le cadre approprié pour favoriser le processus. C'est pourquoi la Commission souhaite consulter toutes les parties intéressées au sujet de leurs expériences, besoins et attentes concernant la numérisation qui est essentielle pour l'avenir du cinéma européen.»
« Il est grand temps qu'un débat public sur l'impact du cinéma numérique en Europe soit organisé», a déclaré Neelie Kroes , membre de la Commission européenne responsable de la concurrence. « Il faudra réaliser des investissements considérables, et les subventions publiques pourront également avoir un rôle à jouer dans le soutien à la numérisation. Il est par conséquent essentiel de bien comprendre la dynamique du secteur, afin de faire en sorte que le passage au numérique se révèle bénéfique pour les opérateurs du secteur cinématographique et, en dernière analyse, pour les consommateurs.»
Les technologies numériques sont de plus en plus utilisées par les réalisateurs de film. Caméras et formats nouveaux rendent la production de films plus facile. D'autres outils numériques sont utilisés pour produire des effets spéciaux étonnants et des films en 3D. En termes de distribution, une copie numérique de film peut revenir jusqu'à dix fois moins cher qu'une copie 35 mm classique et le cinéma numérique pourrait donc faciliter la diffusion des films européens dans le monde. Cependant, le matériel numérique de projection peut s'avérer trop onéreux pour les cinémas européens dont 31 % sont des monosalles et seulement 10 % des multiplexes.
Par la consultation lancée aujourd'hui , la Commission européenne souhaite déterminer l'impact que le cinéma numérique pourrait avoir sur l'industrie cinématographique européenne et, en particulier, sur les 30 000 salles d'Europe. Elle invite les exploitants, les distributeurs, les centres nationaux du cinéma et les organismes cinématographiques publics et privés à échanger leurs points de vue.
Certains gouvernements nationaux envisagent de subventionner le passage au cinéma numérique. Ainsi, l'Italie a déjà notifié un régime d'aide d'État qui fait actuellement l'objet d' une consultation publique ( IP/09/1181 ). D'autres pays (la France, l'Allemagne et la Norvège notamment) planifient ou finalisent leurs régimes nationaux d'aide, mais la plupart des salles d'art et d'essai (celles qui projettent des films européens indépendants, comme les membres du réseau Europa Cinemas soutenu par le programme MEDIA) ne bénéficient pour l'instant d'aucun financement public ou privé pour les aider à passer au numérique.
La Commission a publié une analyse sur le cinéma numérique et exposé sa politique en la matière, y compris les aspects relatifs aux aides d'État. L'analyse et le retour d'information de la consultation publique qui se déroulera jusqu'au 16 décembre 2009 permettront à la Commission de mettre la dernière main à une communication sur les «opportunités et défis pour le cinéma européen à l'ère du numérique» en 2010.
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